Passé de la finance à la RHD bio, Serge Atia livre 800 000 repas par an aux scolaires de tout le pays et développe ses propres outils pédagogiques. Ceux- ci demandent un investissement de 20 000 euros par an.
La crise de la vache folle a eu, entre autres conséquences, celle de susciter la naissance d'une entreprise bio entièrement dédiée à la RHD. « A cette époque, est née ma fille et je me suis demandé ce qu'elle allait pouvoir manger qui soit sans conséquence négative pour sa santé », explique Serge Atia, directeur de Biofinesse. Aussi, avec son père, cet ancien professionnel de la finance a réalisé, en ce début des année 2000, une étude de marché sur les possibilités de fournitures d'aliments bio aux crèches du pays. Le résultat n'a pas été concluant. « Compte-tenu du fait qu'un nombre imprtant de crèches sont de petites structures, leur fournir des quantités limitées s'avérait non rentable en raison du coût du transport qui auraient représenté une part trop importante du montant des denrées livrées », justifie Serge Atia. Biofinesse, société de gros, s'est quand même créée, avec comme cible, les écoles, collèges et lycées. Si la société compte, malgré tout, quelques crèches parmi ses 150 clients, c'est que celles-ci sont gérées par des municipalités et comptent plusieurs établissements ce qui en rend viable la festion logistique.
Biofinesse a réalisé, en 2005, 1.6 million d'euros de chiffre d'affaires en livrant sur tout le territoire national, soit 800 000 repas : « nous avons été la première société avec pour vocation de livrer uniquement à la RHD. Nous ne traitons que des conditionnements spécifiques à cette activité : boîtes de conserves 5/1, viande piécée, biscuits en sachets individuels » , indique Serge Atia. Le grossiste, qui a fait travailler 10 personnes dont 5 commerciaux, livre par le biais de ses deux plates formes. L'une en sous-traitance, se situe en Ile-de-France, où Biofinesse bénéficie de 500 m² d'espace de stockage. L'entreprise détient aussi une plate-forme en propre, jusqu'ici sise au MIN de Toulouse. « Nous venons de faire construire une nouvelle plate-forme, en zone d'activité, toujours à Toulouse, où se trouve aussi notre siège social. Nous y disposons de 750 m² ». Biofinesse conjure démarche commerciale et sensibilisation à une alimentation plus saine. L'enteprise a mis en place des animations ainsi que des supports pédagogiques qu'elle finance elle-même a raison de 20 000 euros par an d'investissement : le ballons, affiches, guirlandes, etc.
L'export en 2006-03-07
Si la société voit sa taille augmenter régulièrement, Serge Atia est lucide quant aux contraintes liées à l'activité RHD bio, encore tout jeune. Au nombre d'entre elles, les approvisionnements : » il n'est pas toujours évident d'obtenir de gros conditionnements des fournisseurs quand ils travaillent à 99% pour les magasins de détail ». Serge Atia regrette par ailleurs, que les repas bio ne soient encore qu'une exception dans les cantines scolaires. « A peine 10% de nos clients organisent un repas mensuel en bio, les autres se contentant d'une prériodicité trimestrielle quand ce n'est pas annuelle ». Ce qui empêche une fréquence supérieur, bien sûr, c'est le coût. Pourtant, le directeur de Biofinesse a bien conscience que de nombreux éléments pourraient faire lever ce handicap. « Il faut informer pour faire savoir que les produits bio n'entraîne pas de surcoût important : en conventionnel, les aliments nécéssaires à un repas s'élève à 1.5 euros, en bio, nous pouvons fournir à raison de 1.70 euros par repas ». En attendant une prise de conscience des organisations, et alors que 90% de ses 500 clients actifs font appel au grossiste pour des repas complets, Biofinesse tente d'augmenter sa pénétration au moyen de la généralisation de l'achat d'un aliment bio à l'année au sein des repas scolaires. En parallèle, le grossiste poursuit son développement et place l'année 2006 sous le signe de l'export. Italie, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Allemagne sont au programme sans compter les Etats-Unis